Contrats d'auteurs
Distinction entre travail indépendant et salariat :
Pour la jurisprudence, le contrat de travail est caractérisé par trois éléments :
- l’exécution d’un travail ;
- le versement d’une rémunération (qu’elle soit versée en argent ou en nature, qu’elle soit calculée au temps, aux pièces ou à la commission) ;
- la subordination juridique.
L’existence d’un contrat de travail ne dépend ni de la volonté des parties ni de la qualification donnée (salaires, honoraires, indemnités...) mais des conditions de fait dans lesquelles est exercée l’activité du travailleur.
Doit être considéré comme salarié celui qui accomplit un travail pour un employeur dans un lien de subordination. La jurisprudence définit ce lien de subordination comme l’exécution d’un travail sous l’autorité d’un employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d’en contrôler l’exécution et de sanctionner les manquements de son subordonné. Le travail au sein d’un service organisé constitue un indice du lien de subordination lorsque l’employeur détermine de façon unilatérale les conditions d’exécution du travail.
Le travailleur indépendant exécute une prestation de travail en contrepartie d’une rémunération mais sans être subordonné au donneur d’ordres. C’est l’absence de lien de subordination qui le distingue du salarié.
Chaque contrat est spécifique, en fonction de son objet, même si certains éléments y figurent toujours :
- l’objet du contrat ;
- les parties (signataires) ;
- les engagements de l’une et l’autre partie (apport, rémunération, hébergement…) ;
- la durée et le terme du contrat ainsi que les modalités de résiliation ;
- le devenir des œuvres créées : modalités de restitution, accès à l’œuvre, conservation ;
- l’instance judiciaire compétente en cas de litige et le droit applicable.
La rédaction d’un contrat écrit permet de prévoir au mieux les modalités de sa réalisation, en précisant les droits et obligations de chacune des parties.Certains contrats portent sur l’œuvre en tant que support matériel (contrat de commande en vue de son acquisition), d’autres sur les droits incorporels attachés à l’œuvre (contrats de cession de droits).D’autres enfin peuvent porter à la fois sur l’œuvre et sur les droits attachés à l’œuvre.
En adhérant à une société d’auteur, l’auteur lui apporte la gérance de ses droits d’adaptation et de représentation de l’œuvre.
- la fixation par traité général des conditions pécuniaires, sanctions et garanties minima pour l’exploitation des œuvres déclarées par les membres de la Société, avec toutes entreprises de spectacles ;
- la perception des droits d’auteur ;
- la répartition des droits perçus.
L’auteur peut donc contracter directement avec une entreprise de spectacles un contrat de cession des droits d’adaptation ou de représentation de son œuvre, et notamment négocier des conditions financières plus favorables que les conditions minima fixées par la société d’auteurs. Dans ce cas, il communique ce contrat à sa société d’auteur qui procédera au recouvrement dans les conditions prévues au contrat.
D’autre part, la rémunération du travail d’écriture d’une pièce peut faire l’objet d’un contrat de travail « classique » (salaire) ou être versée sous forme d’une « prime de commande" (droits d’auteur) par l’intermédiaire d’une société d’auteur.
Pour pouvoir rémunérer le compositeur, auteur de la musique, un contrat de commande d’une œuvre musicale doit avoir été conclu entre la compagnie et lui.
Dans ce cas, l’auteur est rémunéré sous la forme de droits d’auteur qui lui sont versés directement par la structure. Le montant de ces droits est librement négocié entre l’auteur et la compagnie.
Le code de la sécurité sociale définit un régime de protection sociale spécifique pour les artistes-auteurs. Deux organismes sont chargés du recouvrement des cotisations liées à ce régime spécifique :
- l’AGESSA (21 bis rue de Bruxelles - 75009 Paris - Tél. : 01 48 78 25 00 - Site : www.agessa.org) pour les écrivains, les auteurs et compositeurs de musiques, les auteurs d’oeuvres cinématographiques et audiovisuelles, les auteurs d’oeuvres photographiques ;
- la Maison des artistes (90 avenue de Flandre - 75019 Paris - Tél. : 01 53 35 83 63 - Site : www.maisondesartistes.org) pour les auteurs d’oeuvres originales graphiques et plastiques (peintres, graphistes, sculpteurs...).
Un décret du 18 juillet 2001 est venu faciliter les conditions d’affiliation, c’est-à-dire d’ouverture de droit à ce régime des artistes-auteurs.
Une circulaire ACOSS du 5 février 2002 reprend ces modifications. Compte tenu de la complexité des règles applicables en la matière, cette circulaire fait également le point sur :
- l’articulation entre le régime des artistes-auteurs indépendants, le régime des travailleurs indépendants et la couverture maladie universelle ;
- les règles de versement de la contribution due par les diffuseurs.
Comme toutes personnes entreprenant une activité professionnelle, les artistes-auteurs doivent notamment effectuer leur déclaration de début d’activité (formulaire P zéro) auprès d’un centre de formalités des entreprises.
Pour les activités d’artiste-auteur, il s’agit du centre des impôts.
Les artistes auteurs sont assujettis à la TVA au taux de 5,5 %. Cependant, ils bénéficient d’une franchise en base de 37 400 €. Ainsi, si leurs recettes annuelles sont inférieures à ce montant, ils sont exonérés de TVA, à moins qu’ils aient choisi de la payer en renonçant à la franchise.